Interdite depuis 1996 à cause de sa dangerosité, l’amiante a été pendant des siècles, un matériau de choix pour sa grande résistance à la chaleur. Résistante à plus de 1000°C et possédant d’excellentes propriétés calorifuges, chimiques et mécaniques, elle servait principalement dans la construction. En parallèle de l’arrêt de l’exploitation de l’amiante, de nouveaux textiles HT émergent dans les applications industrielles. Faisons un point sur l’évolution des fibres hautes températures, de l’amiante aux solutions d’aujourd’hui.

L’AMIANTE : LA PREMIERE FIBRE HAUTE TEMPERATURE

L’amiante est une “fibre” issue de la cristallisation de roche d’amiante.

Elle est utilisée depuis l’Antiquité pour ses propriétés mécaniques et thermiques. Les premières traces de produits contenant de l’amiante remonteraient au néolithique, il y a environ 4 500 ans. 

L’amiante a servi pendant des siècles à fabriquer des poteries et des tissus.

Il faut attendre la Révolution industrielle et la découverte de grands gisements de roche d’amiante pour que cette fibre soit utilisée à des fins techniques, notamment dans l’industrie du verre et de la métallurgie. 

BTP (faux plafonds, dalles, tuyauteries, conduits…), électroménager, composants automobiles ou matrices utilisés dans la fabrication de certains ciments (fibrociment) et bétons, l’amiante s’est vite démocratisé.

Cependant, au début du XXe siècle, des soupçons sur la toxicité et les risques liés à la présence d’amiante et à son utilisation sont émis par les travailleurs. La dangerosité de l’amiante est confirmée dans les années 20. La fibre est déclarée cancérogène et responsable de l’asbestose, maladie professionnelle qui touche les poumons suite à l’inhalation de poussières d’amiante.

Il faut pourtant attendre 1975 pour voir l’utilisation et l’exploitation industrielle de l’amiante diminuée, et 1996 pour son interdiction totale en France.

Fibres inorganiques synthétiques : des substituts efficaces, mais toujours dangereux

Pour tenir des températures supérieures à 1000°C sans utiliser d’amiante, il n’y a que deux solutions : 

  • Les céramiques réfractaires
  • Les fibres inorganiques synthétiques

Les céramiques sont très efficaces pour faire face aux températures extrêmes. Cependant, elles sont vite limitées dans leur emploi.

Cassantes, incompressibles ou encore trop lourdes, elles ont des désavantages que n’avait pas la fibre d’amiante. 

Pour compenser, certains industriels ont fabriqué des fibres inorganiques synthétiques, très proches de l’amiante dans leur structure. 

Si ces solutions sont efficaces pour des applications aux alentours des 1000°C, elles n’en restent pas moins dangereuses pour les opérateurs.

L’Inserm et le CIRC ont d’ailleurs statué sur la dangerosité de ce type de fibres en les déclarant elles aussi cancérogènes.

On retrouve dans cette catégorie de fibres les fibres siliceuses minérales artificielles (FMA) comme les fibres céramiques réfractaires (FCR), certaines laines minérales, la mullite, la silice  ou encore l’alumine.

Aramide, verre… des fibres haute température plus sûres pour l’industrie

L’interdiction de l’utilisation des produits amiantés et la classification des fibres inorganiques synthétiques ne sont pas les seules raisons qui ont permis l’émergence de ces nouveaux textiles. 

Le XXe siècle voit naître une multitude d’innovations techniques et le développement de nouveaux processus industriels.

Cette évolution des procédés industriels permet la fabrication à grande échelle de matières textiles comme la fibre de verre dès 1937 (Saint-Gobain/Isover), ou l’aramide en 1960 (Dupont de Nemours).

Contrairement à la fibre d’amiante, les produits textiles haute température présentent très peu de risques d’exposition. Ces fibres ne sont ni toxiques ni cancérogènes (même si le contact avec de la fibre de verre reste désagréable).

De plus, les fibres textiles présentent de nombreux avantages que ne possèdent pas d’autres matériaux comme les réfractaires : 

  • Elles sont sans danger pour les utilisateurs.
  • On les retrouve dans de très nombreuses applications qui nécessitent de faibles épaisseurs, une grande souplesse, un fort pouvoir isolant.
  • Elles ont une excellente résistance à la compression et aux frottements.

Les fibres peuvent s’utiliser telles quelles dans des applications de liants, d’additif, de charge dans un ciment ou de rembourrage, mais on les retrouve surtout sous forme de fils pour être tissé, tricoté ou tressé, ou sous forme de feutres.

Les applications de ces textiles techniques sont nombreuses : 

  • Les feutres sont parfaits pour des applications d'isolation, comme nos Ferlafelt en aramide
  • Les tresses, gaines, bourrelets et fils servent principalement de joint d’étanchéité
  • Mis en forme, certains tissus et tricots peuvent être utilisés dans de très nombreux domaines. Par exemple, nos FerlaPads servent de garniture de ventouses pour la manipulation d’objets fragiles en verre.
  • Des enductions, revêtements, adhésifs et apprêts permettent de diversifier les domaines d’applications de ces articles.

Et cette liste est loin, très loin d’être exhaustive.

En conclusion, l’interdiction de l’extraction et l’usage de l’amiante, pour des raisons sanitaires, a bouleversé le monde des hautes températures. Certaines sociétés, comme Ferlam Technologies, ont dû se restructurer et se diversifier, au profit de nouvelles solutions fibreuses. Et avec une perspective de croissance de 3,5% par an en moyenne  (source : Polaris Market Research), le marché du textile technique est loin, très loin d’avoir livré tous ses secrets.